-01-

-01-
UNE HISTOIRE NAQUIT A PARTIR D'ICI.





Je crois que tu n'as jamais été aussi laide . Sincèrement . Décoiffée comme pas possible, tu restais accoudée à cette table basse à genoux dans un pyjama rapiécé acheté probablement chez un de ces magasins chinois . Démaquillée et décoiffée . Telle tu étais apparue à l'entrebâillement de la porte avant de la claquer aussitôt m'apercevant . De justesse, j'avais réussi à retenir ce morceau de bois, interposant difficilement mon pied avant que ton visage ne disparaisse de ma vue . Pourtant . Tu n'abandonnais pas la partie, mettant en ½uvre tout ton corps svelte à m'empêcher de te toucher . De te dire . De te panser . J'entendais ta respiration saccadée de l'autre côté de la porte porter préjudice à tes forces . J'entendais le silence que tu t'imposais pour ne pas tomber et te fouler à nouveau le c½ur . Je cherchais désespérément au bien fond de mon être une raison pour lâcher prise . Partir tel que je m'étais imposé à cette entrée . Je voulais partir . Définitivement . Je me jurais, même, en retenant ta force de moineau que tu méritais quelque chose de bien plus bon . Et fort . Et fou . Quelque chose d'inqualifiable comme ta laideur à cet instant . Pourtant, j'en fais le serment, même la laideur passagère retrouve de l'éclat dans tes courbes . Je le jure au monde qui ne t'as jamais embrassé . Et chéri . N'en pouvant plus, je poussais délibérément fort la porte qui t'avais, dans un éclair, abattue contre le mur du salon . J'étais rentré avec une moue de légère douleur dans ce que tu considérais comme ta prison . Et je t'avais vu joncher dans un faible mouvement vertical le sol du salon presque inexistant . Je n'avais pas esquissé une once de mouvement . Immobile, j'assistais à une misérable scène d'un film pathétique dont le scénario avait été laissé à l'abandon . Retrouvant un semblant de vivant, je m'avançais vers ta droite sans te lâcher des yeux apeuré que tu t'enfouisse saisie par cette folie qui te caractérisait bien des fois . Je m'assis inconfortablement dans cette petite chaise rougie par la chaleur étouffante régnant dans la pièce . Tu regardais devant toi, semblant inconsciente de ma présence . Je ne m'en souviens plus du temps . Qui passait infatigablement lentement dans cette horloge accrochée grossièrement entre le four et le lave vaisselle . Je te regardais et te voulais davantage . Si cela me fut été possible, je nous nous aurait fait tuer . On serait morts . A l'heure actuelle, nous ne respirions plus .Je ne penserai certainement pas à toi et à ta bouche comme ma tête m'impose à faire chaque matin avant de tirer la première bouffée d'oxygène . Je pense à toi . Ensuite, je m'emploie à vivre . Secondaire . Bien ridicule au plus profond.


Tu avais bougé . De cela, je m'en souviens . D'une parfaite mémoire, je pourrais te citer tes moindres faits et gestes de ce jour . Je ne saurais à l'inverse te décrire la sensation lorsque tes pieds nus vinrent accompagner les miens bien au chaud au fond de mes converses. Tu ne désespéras pas et poursuivis ton jeu enfantin saisie par une subite envie de toucher . Tu me parlas avec tes gestes. Tu me racontas ta peine avec tes paumes subjuguées par mon visage . Mes yeux ne cillaient plus, bien trop occupés à te dévorer la lèvre inférieure, le nez retroussé , les yeux éteint par une douleur jusque là inconnue . Je ne me sentais plus . Je n'existais plus en ta présence . Je n'avais plus d'identité, d'odeur corporelle et d'amour propre . Tu te rapprochas dangereusement de mes lèvres, n'osant pas croiser mon regard et fixant inlassablement mon col de chemise . Je n'ai pas eu le courage de résister et t'empoignas fermement la main parcourant ma chevelure la positionnant au niveau de nos pupilles . D'un geste révélateur de ma température et de mon intérieur en feu , je la serrais cette main chére comme jamais un membre ne sera aimé . Je la caressais avec mon majeur ce poing que je retenais amoureusement au creux de ma paume . J'approchais timidement, dans un mouvement incontrôlable , ma tête qui se joignait à ton front pâle . Tu ne me répondais pas et il m'a fallut venir te chercher te prenant par le buste et t'accrochant à mon torse qui se faisait défoncer par les battements du c½ur. Tu te collas imperceptiblement à ma poitrine et m'enlaças dans un dernier souffle avant que tes yeux perlent . Dieu, j'en ai encore des frissons . Ton parfum m'en fit voir de toutes les couleurs . Même aujourd'hui j'essaye d'en retrouver une once dans chaque visage féminin que je croise . Je les respire rapidement pendant qu'elles s'extasient devant ma mine, notre musique . Je n'en ai jamais retrouvé de ton odeur, mon âme . Jamais . Je t'en fais la promesse. Nous étions resté ainsi, nous serrant l'un et l'autre, dans un équilibre bien discutable . Seule cette distance de nos deux chaises respectives imposaient la limite de nos deux bassins . Tu étais inconfortablement assise, je le vis . Mais tu ne bougeais pas, apeuré sans doute que le moindre mouvement déchire ce fort plein d'émotions et de tendresse . Je pris alors l'initiative de le rompre le premier et dans un silence pesant je t'empoignais dans mes bras et te serrais fortement au sein de mon être . J'aspirai à te découvrir, dessiner par c½ur tes formes, tes détails . Je parcourais instinctivement de bas en haut ton échine et te sentis frémir sous mes doigts . Tu t'accrochas bien plus fort à mon cou et je t'embrassais tendrement l'épaule voulant bien plus . Je voulais que tu sois mienne . Mienne à en crever . Mienne à souhaiter que tu reste autant laide qu'en ce jour . Jour où tu m'apparus enveloppée de souffrance et bien plus désirable que la première fois que je te vis .


Je relâchais mon étreinte et t'observais curieux de ta réaction . Tu ne relevas pas le sourcil de cette fâcheuse habitude qui me hantait et tu ne pris pas ta mine renfrognée d'éternelle insatisfaite . Tu me fis installer dans un fauteuil et tu t'assis à même le sol tout prés de moi . Follement, je regardais ébahis le reflet solaire se poser sur tes longs cheveux auburn provenant de la petite fenêtre se trouvant derrière nos dos . D'une main distraite, tu cherchas ma cuisse . L'ayant trouvé, tu t'y posa confortablement . Ne quittant pas des yeux l'écran noir de la télévision, tu fouillas mécaniquement le petit tiroir qui te faisait face . Trouvant, presque aussitôt, la télécommande, l'appareil prit vie . Tu t'en moquas de savoir quelle chaîne, tu regardais avidement . A cet instant, je devinais que tu étais mal à l'aise . Coupable, peut être aussi . Je remarquais cela voyant ton air concentré sur la bouche de l'actrice jouant médiocrement . Cela fut un moment assez comique, en y pensant bien plus tard .


Tu ne parlais pas un mot d'anglais .

( ... )

# Posté le dimanche 26 avril 2009 11:20

Modifié le dimanche 31 mai 2009 22:54